Pourquoi l'exposition impressionniste française a-t-elle tellement...
Pourquoi l'exposition impressionniste française a-t-elle tellement de succès en Chine ?
L'Exposition de peintures précieuses impressionnistes françaises, qui a duré un mois et 7 jours au Musée des beaux-arts de Chine, est sans doute la plus excitante exposition de l'année. Jusqu'à présent, le nombre de visites a dépassé 250 000. Pour cette raison, le Musée a été obligé d'annoncer une ouverture de 9H du matin du 26 novembre à 9H du soir du 27, dernier jour de l'exposition, soit 36 heures non-stop, un cas sans précédent dans l'histoire. Pourquoi une exposition impressionniste française est-elle tellement attrayante pour les Chinois ?
Avec l'assouplissement des politiques sur le marché des oeuvres d'art et la formation d'un sens de l'économie de l'art, le trafic des objets d'art est devenu extrêmement actif en Chine. Sans franchir les frontières, on peut désormais admirer des sculptures romaines, des poteries grecques, des portraits de Dali, les designs les plus à la mode en Europe, les spectacles des chanteurs de Broadway américain et réaliser de nombreux rêves lointains. Grâce à une formation artistique, on a acquis un sens artistique et on sait identifier l'art authentique. Quand 51 oeuvres représentatives de diverses époques de Manet, de Bazille, de Monet, de Pissarro, de Renoir, de Degas, de Morisot, de Cézanne etc. sont arrivées par mer en Chine et que ces grands maîtres sont descendus des affiches publicitaires pour entrer dans la vie réelle des Chinois, ceux-ci, qui se trouvaient tout d'un coup en plein ébranlement visuel, n'ont pas hésité à saisir l'occasion.
Les relations des Chinois avec l'impressionnisme remontent aux années 1920. A l'époque, les grands maîtres artistiques tels que Li Shutong et Xu Beihong ont été les premiers à connaître l'impressionnisme français. Dans les années 30, l'impressionnisme a eu d'immenses effets sur la peinture et la littérature chinoises et formé un courant artistique. L'intéressant est que quand l'impressionnisme a débarqué à nouveau en Chine dans les années 50, il fut accusé de contre-courant artistique pourrissant et décadent. A cause d'interventions politiques, le terme "impressionnisme" fut dorénavant connu de tous. Dans les années 80, l'art chinois a beaucoup emprunté à l'art occidental. L'impressionnisme a fait un "retour en force" : les oeuvres impressionnistes sont apparues dans la presse nationale et sur les cartes de nouvel an et les cartes postales. "Vu que l'impressionnisme se propose d'émanciper les idées, d'innover, de rechercher la démocratie artistique et de représenter l'aspect ensoleillé de la vie réelle, les Chinois qui se trouvaient au début de la réforme et de l'ouverture l'ont accepté d'un seul coup", observe Feng Yuan, peintre et directeur du Musée des beaux-arts de Chine.
Bien qu'une bonne partie des artistes chinois ait eu l'occasion d'accéder à ces oeuvres en France après la mise en oeuvre de la réforme et de l'ouverture, les gens ordinaires ne pouvaient qu'y aspirer, formant finalement un "subconscient collectif" et présentant un vif intérêt à l'égard de l'impressionnisme. Les oeuvres de Monet et d'autres grands maîtres, qui étaient introduites en Chine d'une façon intermittente auparavant, étaient loin d'être suffisantes pour satisfaire à cette aspiration.
Cette immense exposition d'automne a fait preuve d'une sollicitude impressionnante vis-à-vis du public : des tickets à 20 yuans, des conférences thématiques, des heures d'ouverture prolongées et 300 minuscules machines de guide. Sur les mâts de quartier, dans les vitrines de publicité et sur les rubriques de presse, le titre "Exposition de peintures précieuses impressionnistes françaises" a provoqué partout un choc visuel intense. Par ailleurs, le Musée a fait imprimer des albums de divers formats consacrés à l'exposition ; chaque oeuvre porte une légende rédigée par un spécialiste de l'histoire de l'art français et une biographie des peintres représentés à l'exposition. Les albums soigneusement conçus et à la reliure magnifique constituent à eux seuls un plaisir aux heures de loisir. Durant l'exposition, le Musée a invité des historiens et critiques des beaux-arts à donner des conférences et des agents diplomatiques et enseignants de beaux-arts y ont travaillé comme guides. Grâce à tous ces efforts, on a pu avoir accès à l'art, le connaître et le comprendre.
Par rapport à la valeur des oeuvres exposées à passer à la postérité, les visiteurs ont accepté, en serrant les dents, les billets de 20, 50, 100 yuans et même de plus coûteux. En fait, le prix des billets, même ceux de 20 yuans, étaient réduits de moitié pour les élèves et l'entrée était libre pour les spécialistes et certains professionnels.
"Bien que les prix de billets d'entrée ne soient pas élevés à cette exposition impressionniste française, nous avons réalisé un petit bénéfice grâce au nombre important de visiteurs", a révélé Feng.
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21-4-2005 22:57