La calligraphie chinoise reste à découvrir par les étrangers
Xu Beihong obtint un grand succès quand il participa pour la première fois à l'exposition des beaux-arts de France, il y a 78 ans. Aujourd'hui, Dou Benji, disciple de Chen Mo qui avait appris l'art auprès de Xu Beihong, expose ses oeuvres picturales et calligraphiques dans la salle d'Asie de la Cité universitaire de Paris. Mais il regrette que ses oeuvres calligraphiques, si appréciées en Chine, soient négligées en France.
M. Dou est un artiste excellant en peinture, en calligraphie, en gravure de sceau et en poésie. C'est son oeuvre calligraphique qui est avant tout connue. Depuis qu'il a écrit « Tian xia liang chang » (Entrepôts de céréales de l'empire », les traits libres et énergiques de son écriture lui ont valu une réputation nationale, par suite de la diffusion du téléfilm. A l'invitation de l'Association culturelle franco-chinoise et du Conseil Europe-Chine pour le développement économique, commercial et culturel, il s'est rendu à Paris pour exposer 90 oeuvres, moitié peintures, moitié calligraphies. La réaction du public aux peintures et aux calligraphies a été tout à fait différente.
« A propos de mes peintures, les visiteurs m'ont posé beaucoup de questions, a déclaré Dou, notamment sur la composition et la coloration. Mais presque personne ne m'a posé de question sur la calligraphie. »
« Cet état de choses reflète l'obstacle que l'art calligraphique chinois doit surmonter pour se faire connaître dans le reste du monde », a dit M. Zhang Biao, vice-président de l'Association des calligraphes de Chine. Les idéogrammes chinois de l'art calligraphique sont très abstraits, et diffèrent beaucoup de la musique, des beaux-arts ou de la danse qui sont des arts directement sentis. Ceux qui ne connaissent pas l'écriture chinoise ont du mal à apprécier la calligraphie.
En effet, les oeuvres picturales de Dou exposées en France sont de style chinois, mais teintées aussi de moyens d'expression de la peinture occidentale. « La peinture traditionnelle chinoise met l'accent sur l'usage de l'encre de Chine, et non pas sur l'expression de la lumière. En créant mes oeuvres, j'ai essayé de combiner organiquement la beauté des lignes et des touches de pinceau et l'esprit esthétique de la peinture traditionnelle chinoise, la beauté des plans, des couleurs et des lumières de l'art occidental, et sa façon d'exprimer la matière. »
Les peintures de Dou décrivant des chevaux en galop, des maisons à cour de Beijing, des pivoines, des paysages, des bambous et des fleurs de prunus ... ont suscité un vif intérêt. « Je crois, a affirmé Dou, qu'ils sont attirés par le style chinois de ces peintures, et aussi par ces images qui leur sont familières. »
Son exposition qui a duré une semaine en France lui a permis de comprendre que la culture et l'art chinois devaient aussi s'inspirer des arts étrangers et continuer de créer. En tant qu'un art propre à la Chine, la calligraphie ne pourra être connue et comprise par davantage de gens que si un travail de présentation et de diffusion est effectué sur son sujet à l'étranger.
Parfaitement conscient de cette situation, M. Zhang Biao a déclaré que l'Association des calligraphes de Chine travaillait activement pour poursuivre ce type d'échanges avec des pays de la « sphère de la langue chinoise » comme le Japon, la Corée du Sud, la Malaysie et Singapour, et essayer de renouer des contacts avec des pays d'Europe et d'Amérique qui ne relèvent pas de la « sphère de la langue chinoise ». A mesure de l'accroissement de l'influence de la culture chinoise dans le monde, un nombre croissant de personnes accepteront, comprendront et aimeront la calligraphie chinoise, a conclu M. Zhang.