Traducteur词典 DE À
 60 123
Poster un topic
Imprimer

Les chinois de la Réunion

Les chinois de la Réunion

Voici un topic consacré aux chinois de la Réunion. J'espère qu'il intéressera de nombreuses personnes.

Je parlerais d'une manière générale des chinois de la Réunion, et par la suite, si cela intéresse des personnes, je parlerais davantage de moi.

Je commence par poster quelques articles que j'ai trouvés sur internet.

[ Last edited by  écoeurée at 15-9-2006 17:29 ]
N'hésitez pas à corriger mes fautes de chinois. 请你们帮忙改正我中文的错误.

http://qi-fen.blogspot.com

TOP

Articles issus d'internet

Le peuple chinois de la Réunion
Article issu de : http://www.iledelareunion.net/peuple_de_la_reunion/chinois.php

L’émigration d’origine chinoise a connu son heure de gloire...

Quelques années avant l’abolition de l’esclavage et pendant l’interdiction de la traite des indiens, les agriculteurs de l’île, pour renforcer leur main-d’oeuvre, n’hésitent pas à aller chercher des laboureurs chinois, qui sont reconnus pour leur grande capacité à travailler la terre.

Le 13 juin 1844, les 54 premiers chinois débarquèrent et sont couverts d’éloges. Plus robustes que les indiens, plus amis du travail et plus disciplinés que les nègres d’Afrique, l’esrit d’ordre et de régularité, le génie pratique qui convient aux affaires, dominent chez eux.

Plus tard, on en fit venir 110 autres répartis pour ls travaux publics et le labourage. Leurs conditions de transport ressemblaient beaucoup à celles des indiens, la surcharge en moins. Pour boisson, de l’eau acidulée de citron, d’alcool ou de vinaigre de palmes. Ils habitaient dans des camps et leur contrat prévoyait comme repas quotidien du riz, du poisson salé ou des légumes, du rhum ou du sirop et du bois pour cuisiner.

En 1848, 728 chinois, il n’en reste que 415, les autres sont partis ou rapatriés.

La majorité de ces chinois sont devenus, à la fin de leur contrat, des commerçants ou exercent une activité commerciale, ensuite, de nombreux arrivages eurent lieu, et leur nombre s’agrandit rapidement.

Ticket d'alimentation pour le riz - Crédit GoutanouEn 1862, les chinois peuvent venir dans l’île comme “passager libre d’engagement” et la plupart s’istalle dans les commerces des premiers, avant de s’installer à leur tout, grâce à un système d’entraide et de solidarité exemplaire. Les autres sont charretiers, tailleurs, pâtissiers, marchands de grains, marchands ambulants, domestiques ou jardiniers.

Au début du XXème siècle, beaucoup retournent au ays pour trouver une femme ou reprendre leur famille et reviennent s’installer.

On les retrouve comme tenanciers des fameuses “boutiques chinoises”, véritables cavernes d’Ali Baba d’épicerie, de quincaillerie, de mercerie, de pharmacie... Ils détiennent la plupart des petits commerces et deviennent les fournissierus exclusifs des réunionnais. Ils faciliteront la fidélité de la clientèle en mettant en place un système de paiement différé, enregistré dans un “carnet de crédit”.

Les chinois ont joué un rôle important dans l’alimentation réunionnaise. Ils furent les premiers et les plus nombreux à ouvrir des restaurants et les relations établies permirent aux autres d’êtres familiers des produits et plats proposés.

Après une ascension fulgurante, ils se retrouvent aujourd’hui à la tête de grands réseaux de distribution et les plus jeunes occupent les professions libérales les plus rémunératrices, médecins, pharmaciens ou autres hautes fonctions administratives.

Pascal



La boutique chinois
Article issu de : http://www.iledelareunion.net/dossiers/boutique_chinois.php

L'entreprise familiale - Les chinois de la Réunion

Le créole ne sera pas d'accord en disant la boutique chinoise, mais dans son esprit, il s'agit de la boutique tenue par un Chinois.

Les boutiques sont installées dans toute l'île et font partie intégrante du paysage des villes et aussi des hauts. Elles étaient appelées en général du prénom du boutiquier : “chez Marcel”, “chez Georges”, “chez Jean”. La devanture de la façade était décorée de morceaux de tôles clouées, sur lesquelles il y avait des publicités pour tels produits ou tels autres. Parfois, les autres publicités étaient sur papier, et tout cela mettait un peu de couleur à cette construction banale, il faut le dire. Les boutiques des premiers étaient bien modestes avec des portes qui se fermaient avec un système de levier à bascule. L'architecture des boutiques de ces migrants chinois était reconnaissable aussi bien extérieurement, qu'intérieurement avec la disposition des comptoirs dedans.

Jouxtée à cette construction, était la buvette qui rassemblait de nombreuses personnes autour d'un ou deux “p'tits verres”.

Boutique de Chinois dans les années 50, crédit GoutanouBeaucoup de boutiques étaient construites sur un socle en pierres taillées enduites de ciment et sur lequel était placé le plancher. Ce vide sous ces planches permettait une meilleure circulation de l'air, donc moins d'humidité dans la boutique. Les côtés sont en planches recouvertes de tôles (pour que le bois soit moins humide), mais aussi à cause des rats et souris qui dévasteraient davantage les denrées stockées à l'intérieur. Ces boutiques en général se dressaient à un angle de rue avec son toit de tôle ondulée à quatre pentes et un auvent. Ce dernier courait sur toute la longueur du bâtiment, protégeant avantageusement portes et passants du soleil et des intempéries. Sous cet auvent on pouvait voir se dresser parfois, un petit perron en béton permettant les compagnons de beuveries de s'y asseoir et discuter en dehors de la buvette. Traditionnellement la boutique est un lieu de convivialité où les hommes du village aiment se rencontrer.

L'intérieur c'était une vraie caverne d'Ali Baba, car ce sont de petits commerces de proximité qui proposent toutes sortes de denrées alimentaires et d'articles de première nécessité.

L'aménagement de l'intérieur des boutiques était pratiquement le même partout. Souvent à la porte, recouverte aussi de tôle, se dressaient, alignés, des "gonis" débordant de riz en vrac, de maïs en grains, de tourteau, de café, de sucre, de haricots en tous genre, Un peu plus au fond et à gauche, était dressée une vitrine. Celle-ci, de fabrication artisanale et réalisée en bois de tamarin, constituait un élément indispensable au mobilier du commerce. Le boutiquier se tenait derrière ce comptoir-vitrine. Une porte intérieure, menait à l'arrière du magasin. Cette partie ajoutait aux clients un mythe de l'Orient aux obscurités de cette arrière-boutique. Quand on demandait au chinois une chose rare, il disparaissait dans le “fénoir” de cette pièce et revenait longtemps après, avec la marchandise demandée ou autre chose d'équivalent. Il déballait lentement cette marchandise de son papier journal tout auréolé d'odeur d'épices, d'alcool à brûler et de poussière.

Sur la partie droite du magasin se dressait une autre vitrine. Sur une poutre derrière le boutiquier, à un crochet, pendaient des “cornets chinois” jaunis dans lesquels il emballait les marchandises (pas de sachets plastiques !). Ces cornets étaient fabriqués par le chinois lui-même, d'où l'appellation “cornet chinois”.

Sur la vitrine de gauche trônaient de grands bocaux contenant des bonbons à la menthe, aux fruits, des berlingots des sucres d'orge et autres. Et tout près de ces bocaux, était placé un boulier chinois, (pas de caisse enregistreuse, ni de calculatrice). Parfois, certains boutiquiers ne sachant pas manier le boulier (il est vrai difficile à s'y faire) posaient l'opération sur un papier journal remplis de chiffres, ou bien sur le cornet.

La partie supérieure de cette vitrine contenait les pâtisseries, des biscuits, les macatias de l'époque, et que les enfants ne quittaient pas des yeux. La partie inférieure contenait quant à elle des objets religieux, des outils, et autres. Toutes les marchandises se côtoyaient dans un espace réduit. Des chapeaux de feutre étaient suspendus çà et là pour les messieurs.

Ce commerce était une entreprise familiale tenue par le chinois, son épouse, et aussi les enfants. L'épouse s'occupait surtout de la vente des articles de la partie droite du magasin, soit, la toile, chaussures, boutons, galons, fil, livres parfums . Dons cette partie du commerce se tenait derrière son comptoir, la boutiquière, et derrière l'autre vitrine où des pâtisseries étaient exposées, le chinois se tenait devant tout un mur rempli d'étagères sur lesquelles s'alignaient les bouteilles d'alcool, de liqueurs, d'eau, de sirop aux étiquettes colorées. Les étagères inférieures contenaient des boîtes de conserves, allumettes, bougies, lampe à pétrole, eau de Cologne, Tout ces articles placés côte à côte, avaient leur place sur cette étagère. Des outils, des sabres, de la corde, des sacs de clous, des vis, formaient un coin bricolage. Une autre vitrine abritait les saucisses, le boucané et autres.

Sur un côté, se tenait un réfrigérateur vitré (quand on eut l'électricité) dont le contenu faisait envie à tous les enfants et aussi aux grands. Ce qui intéressait encore plus les enfants, c'était bien sûr, les sorbets avec leurs bois empilés dans le congélateur, que ces petits dégustaient aromatisés à la vanille, au chocolat, à la grenadine, au coco.

Une place spéciale était faite pour la balance Roberval et ses poids. C'est aussi à cette boutique que les enfants achetaient les plus gros pétards, et les plus beaux feux d'artifice pour les fêtes de Noël. Ces objets à allumer sont indissociables aux fêtes de fin d'année.

Ce qui faisait marcher ce commerce auprès de la population pauvre de l'île, c'est bien cette pratique des crédits (basée uniquement sur la confiance), sans intérêt appelé “carnets”. Le commerçant notait sur ces carnets tous les achats non payés de chaque personne vivant avec un crédit. Celui-ci était tenu en double exemplaires, et en fin de mois, quand le salaire tombait, le client venait régler le chinois, et c'était reparti pour un autre mois. Ainsi allait la vie.

Dans certaines boutiques,des denrées de base étaient stockées dans des bacs en bois (casier) dans lesquels les chinois plongeaient d'une main preste, une mesure en fer-blanc ou une sorte de petite pelle arrondie fabriquée localement. Ces caissons étaient surtout réservés aux grains, au café au maïs, au sucre. Dans ces denrées, le maïs était largement vendu, de la farine jusqu'aux grains, en passant par le fabuleux “maïs sosso”.

Pas trop loin de ces bacs, des billots servaient au découpage de la viande, de la morue séchée, dont l'odeur empestait toute la boutique. Il faut reconnaître que cette “boutique chinois” était un capharnaüm d'objets rangés ou suspendus puisque le magasin constituait la boutique d'alimentation où se dressaient des remparts de conserves, des murailles d'étoffes et de mousseline, des cartons de bouteilles ; on y trouvait un coin (pour ne pas dire rayon) bricolage, toiles, mercerie, librairie etc.

La boutique chinois, avec ses diverses marchandises, sa buvette pour le "p'tit coup d'sec" mettait sa grosse balance à la disposition des planteurs pour peser leurs productions de maïs, de manioc, ou d'huiles essentielles (qui sans doute se vendait au kilo !!). Là, s'échangeaient les marchandises mais aussi les nouvelles du quartier. La boutique faisait aussi office de banque avec crédit sur carnet ou avances sur récoltes (le plus souvent sur les huiles essentielles dans les hauts).

Parfois ces chinois avaient plus d'un tour dans leur sac, car au retour d'un enterrement dans le quartier, certains offraient un “p'tit coup d'sec” aux parents et amis du défunt. Ce geste touchait bien sûr la clientèle.

Plus tard ces chinois enrichis, leurs enfants bénéficieront d'un certain capital, et c'est ainsi qu'ils s'ouvriront une quincaillerie, ou une superette par exemple, mieux organisée que la boutique de leurs parents.

Le chinois est toujours en activité, mais le créole dira quand il verra un autre créole s'ennuyer, et revenir, et encore et encore, on lui dira qu'il est comme « un chinois sans boutique ». Cela veut bien dire que le chinois est indissociable à sa boutique, sans celle-ci, il est perdu.

Chantal



Les chinois de la Réunion
Article issu de : http://col-r.verges.ac-reunion.f ... igions/Chinois1.htm

Les Chinois de la Réunion dont le nombre est estimé à 30 000 personnes sont originaires du sud-est de la Chine : des provinces de Fujian et de Guang-Dong (Canton).

Les premiers ont débarqué en 1844 pour fournir une main–d’œuvre qui se raréfie avec l’abolition de la traite des Noirs. Jusqu’en 1862 les immigrants chinois sont des "engagés" : ils ont un contrat de cinq ans pour travailler dans les champs de cannes à sucre et dans les usines sucrières. Au bout de leur engagement beaucoup sont rentrés en Chine. Ceux qui sont restés se sont mariés avec des femmes de la Réunion.

A partir de 1862 ce sont des immigrés libres et volontaires qui s’installent dans l‘île. Ils fuient la misère et les troubles qui agitent la Chine et le traité de Pékin(1860) leur permettent d’émigrer. A la Réunion, grâce à l‘arrêté de 1862, ils peuvent obtenir des permis de séjour et entrer librement dans l‘île. Les premières chinoises arrivent en 1864 mais les Chinois ont fondé souvent des foyers avec des jeunes filles créoles. Le début du XX ème siècle voit une augmentation de l’immigration chinoise en particulier dès 1937 avec la guerre Sino-Japonaise.

[ Last edited by  écoeurée at 15-9-2006 15:55 ]
Dernière(s) évaluation(s)
  • angecycy Activité +15 super,merci bcp Qifen 23-2-2007 09:26
N'hésitez pas à corriger mes fautes de chinois. 请你们帮忙改正我中文的错误.

http://qi-fen.blogspot.com

TOP

Bibliographie

Voici un ouvrage que j'ai trouvé très intéressant pour l'avoir eu entre les mains lorsque je devais faire un exposé sur la diaspora chinoise de mon île.

Il s'agit de :
"LA DIASPORA CHINOISE AUX MASCAREIGNES: LE CAS DE LA RÉUNION" par
Edith Wong-Hee-Kam, publié aux éditions l'Harmattan, en 1996.

L'ouvrage date de 1996, ça fait un peu loin, mais il recèle d'informations très intéressantes pour ceux qui voudraient en connaître davantage sur les chinois de la Réunion.

De manière plus générale, voici 2 autres ouvrages plus récents, traitant de la diaspora chinoise dans le monde :

- La diaspora chinoise par Emmanuel Ma Mung paru en juin 2000.

- Encyclopédie de la diaspora chinoise par Lynn Pan paru en septembre 2000.

[ Last edited by  écoeurée at 15-9-2006 16:51 ]

Fichier joint

diasporachinoiseRéunion.jpg (30.83 KB)

15-9-2006 16:51

Diaspora chinoise à la Réunion

diasporachinoiseRéunion.jpg

N'hésitez pas à corriger mes fautes de chinois. 请你们帮忙改正我中文的错误.

http://qi-fen.blogspot.com

Ce que moi je dis sur tout ça (un bref résumé non exhaustif).

Les chinois de la Réunion viennent majoritairement de 2 régions de la Chine : le Fujian et Canton (sud-est de la Chine). Ils représentent un peu moins de 10% de la population totale de la Réunion.
Ils parlent le cantonais et le hakka.
Malheureusement, ceci est surtout valable pour les premières générations qui sont venues s'installer sur l'île, pas en ce qui concerne les jeunes générations d'aujourd'hui. Bien souvent, la deuxième génération n'avait pas le temps de faire apprendre à leurs enfants leur langue, malgré sa connaissance. Ils ont fait leurs études entièrement à la Réunion, voire ici en métropole pour leurs études post-bac pour certains. De plus, ils ne ressentaient pas nécessairement le besoin de faire apprendre à leurs progénitures leur dialecte. Pour eux, ils devaient complètement s'intégrer à la société, pour eux, ils sont des français, à part entière. Je ne suis pas en train de dire qu'ils renient leur origine chinoise, loin de là, mais il faut replacer tout cela dans son contexte : ils sont nés en France, alors ils sont français, ils ne connaissent pas ou peu la Chine lorsqu'ils viennent au monde, tout ce qu'ils connaissent, c'est la Réunion, c'est le français. Je sais que ça peut paraître bizarre (non seulement pour vous les français qui me lisez, mais aussi pour vous les chinois), mais ce fut ainsi. Nous ne sommes pas des chinois, nous n'avons pas la nationalité chinoise, nous ne sommes pas nés en Chine, alors nos racines sont certes celles de la Chine, mais elles sont avant tout celles de la France, puisque nous y sommes nés (je pourrais davantage développer cela par la suite, si ça intéresse certains).

Les chinois de la Réunion ont dû apprendre très vite à s'adapter au mode de vie à la française, et à leur nouveau pays : la France. Ils ont donc dû apprendre le français et le parler tout le temps, dans la vie de tous les jours, à l'école etc, donc ceci explique qu'aujourd'hui, de nombreux jeunes chinois de la Réunion ne sachent pas parler un mot de leur dialecte d'origine (cantonais ou hakka).

C'est dommage, mais il existe de nombreuses associations de chinois de l'île qui proposent des cours de cantonais et de hakka etc...ainsi que des cours de mandarin, bien sûr.
Et certains jeunes s'y mettent, pas tous, mais il y en a qui sont à la recherche de leur identité, de leurs origines, d'autres qui voient en la Chine le pays de l'avenir et par là même décident d'apprendre le mandarin dès le collège.

Voilà, j'espère avoir été suffisamment précise et intéressante. Ce sera tout pour le moment, je reste bien sûr à la disposition des curieux et suis prête à répondre à toutes leurs questions, que ce soit ici même sur le forum, ou par mp, ou sur msn.
Ce topic sera bien évidemment enrichi au fil du temps et au fil de vos demandes, je l'espère, et pas uniquement par moi, je le souhaite vivement également.

Bonne lecture à tous.

PS : je pourrais davantage parler de moi par la suite, si certains le désirent.

[ Last edited by  écoeurée at 15-9-2006 17:02 ]
N'hésitez pas à corriger mes fautes de chinois. 请你们帮忙改正我中文的错误.

http://qi-fen.blogspot.com

TOP

yeah oui moi çà m'interesse beaucoup et tu sais pourquoi lol

TOP

Mon avis personnel : je suis une extra-terrestre...

Puisque ça a l'air d'intéresser au moins une personne, alors je me lance.

Je développe davantage ceci : "Nous ne sommes pas des chinois, nous n'avons pas la nationalité chinoise, nous ne sommes pas nés en Chine, alors nos racines sont certes celles de la Chine, mais elles sont avant tout celles de la France, puisque nous y sommes nés (je pourrais davantage développer cela par la suite, si ça intéresse certains)."

Lorsque je lis noelCH qui dit : "je suis chinois..."et bien, je ne suis pas d'accord. Je suis française, ma carte d'identité, c'est bien celle de la France, pas celle de la Chine, je suis née en France et j'y ai toujours vécu, les chinois de la Réunion ont vécu 90% de leur vie en France, alors voilà pourquoi je trouve que dire "je suis chinois(e)" est faux, biaisé.
Personnellement, je ne renie pas mes origines, j'en suis même très fière puisque j'ai appris le mandarin dès le collège en 5ème, et j'ai poursuivi son apprentissage au lycée, ainsi qu'à la fac, même si mes études à la fac ne me le permettaient pas vraiment. J'ai repris l'étude du mandarin il y a un an et demi de cela, après l'avoir arrêté pendant un peu plus d'un an.
De nombreux jeunes (15-25 ans) sont contents et fiers de leurs origines, mais il y en a qui ont carrément "renié" leur pays d'origine, il faut bien de tout pour faire un monde. Certains n'ont jamais vu l'utilité d'apprendre le mandarin, c'est leur choix et personnellement, je le respecte.

Je pense que le terme plus approprié serait : "je suis d'origine chinoise". Hé oui...je ne vois pas trop comment le formuler sinon, des idées? mdr
Lorsque je suis venue ici poursuivre mes études, j'ai bien évidemment rencontré des chinois (de nationalité chinoise donc), et quelle ne fut pas ma surprise! lol Pour eux, lorsque je leur disais timidement : je suis française...(et après un long silence)...je suis de la Réunion, vous connaissez? une petite île perdue de l'océan indien, entre Madagascar et l'île Maurice. La première chose qu'ils répondaient, c'était : non, je ne connais pas. Et encore, ça c'était quand ils répondaient quelque chose, parce que la plupart du temps, c'était : une expression sur leur visage tellement indescriptible, là je ne pourrais pas vous dire... lol Ils étaient abasourdis...et leur question immédiate après cela, c'était : et tu parles chinois, et ma réponse : non, j'essaie de me débrouiller, mais je ne le parle pas non. La question logique après cela, c'est : tes parents, ils parlent chinois? Ma réponse : non, ils ne parlent pas mandarin, ils parlent le cantonais, mais ils ne m'ont pas appris le cantonais.
Et inévitablement, je passais pour une extra-terrestre à leurs yeux.
C'est anecdotique, mais c'est ce que j'ai vécu plusieurs fois.
Au début, c'était plutôt déroutant, parce que je ne m'y attendais pas du tout, naïve comme j'étais, j'avais toujours cru qu'on savait où se situait à peu près la Réunion et j'avais toujours cru que les chinois étaient au courant de ce qu'était un ou une hua yi ou hua qiao (chinois d'outre-mer ou chinois de la disapora comme moi),
J'ai mis du temps à m'habituer à leurs réactions, ce n'était pas évident, ça m'a fait douter sur moi, sur ce que j'étais : française, chinoise, pas française, pas chinoise...
Pour un français, au premier abord, je ne suis pas française, mais asiatique, et pour un chinois, au premier abord, je ne suis pas française, je suis chinoise...Plusieurs fois dans la rue, des français m'interpellent et me disent : ni hao ! etc...bref, le truc typique qui t'énerves parce que derrière ça, il y a parfois des pensées racistes ou mal intentionnées, c'est vraiment difficile à appréhender pour certains, mais c'est ainsi que je ressens les choses.
Certains recherchent leur identité parce qu'ils ont été abandonnés à leur naissance par exemple, et bien moi parfois, j'ai eu le sentiment de n'avoir aucune identité. Je n'étais ni française, ni chinoise, juste rien du tout...Ce n'était vraiment pas évident. Aujourd'hui je suis en paix avec cela. (heureusement! lol)

J'ignore si les personnes qui me lisent peuvent comprendre ce que j'essaie de leur faire comprendre, mais ce n'est vraiment pas évident lorsqu'on est comme je suis, à savoir une française d'origine chinoise, exilée de son île natale, à 10 000 km de ses racines françaises, et totalement ignorante de ses origines chinoises (puisque je ne suis jamais allée en Chine).

Pafois lorsque des français me disent : je suis déjà allé(e) en Chine, c'est magnifique, etc, je veux aller en Chine, je ferais tout pour y aller, c'est là-bas que je dois être, et bien, ils ignorent complètement le mal qu'ils me font en me disant cela. Ce n'est vraiment pas de leur faute, ils ne sont pas sensés le savoir, mais ça me fait mal, parce que je n'y suis jamais allée, et que pour le moment, je ne peux pas y aller (1 an d'étude oblige)...alors que c'est le pays de mes origines...quelque part, je me sens + en droit d'y aller qu'eux...C'est peut-être bête et égoïste comme réaction, mais c'est ainsi que je vois les choses, alors ça me fait un pincement au coeur.
Mais bon, on ne peut pas toujours avoir ce que l'on veut dans la vie, et lorsqu'on n'a pas ce que l'on aime, il faut aimer ce que l'on a. Alors j'essaie d'aimer ce que j'ai.

Pour ma part, mes parents ne m'ont malheureusement pas appris le cantonais, mon père le parle et ma mère le comprend (mais n'a jamais osé le parler). Je regrette vraiment que mon père ne m'ait pas appris le cantonais, sans cela, il y a longtemps que je serais partie à Canton et il y a longtemps que j'y travaillerais. Malheureusement, on ne peut pas tout contrôler dans sa vie.
Pour le moment, je ne ressens pas le besoin d'apprendre le cantonais, ce sera peut-être lorsque je serais plus mûre, lorsque j'aurais des enfants peut-être? Bref, si déjà je maîtrise le mandarin, ce sera un grand pas pour moi. lol

Bon, je crois que j'ai suffisamment étalé ma vie pour aujourd'hui...sauf si on me pose des questions...je me ferais bien sûr un plaisir d'y répondre. Que ce soit sur moi personnellement, ou sur les chinois de la Réunion, bien évidemment.

[ Last edited by  écoeurée at 15-9-2006 18:16 ]
N'hésitez pas à corriger mes fautes de chinois. 请你们帮忙改正我中文的错误.

http://qi-fen.blogspot.com
merci c'est intéressant.

TOP

Citer:
Originally posted by proton at 15-9-2006 18:09
merci c'est intéressant.
Je suis certaine qu'on a + de points communs qu'on ne le pense toi et moi...   héhé
N'hésitez pas à corriger mes fautes de chinois. 请你们帮忙改正我中文的错误.

http://qi-fen.blogspot.com

TOP

Wôw! en forme des papattes là écoeurée, et bien écrit avec çà, bravo...!  ; )
La connaissance est partout, baissez vous et ramassez...
Citer:
Originally posted by madmantis at 15-9-2006 19:06
Wôw! en forme des papattes là écoeurée, et bien écrit avec çà, bravo...!  ; )
C'est parce que je me relis...Et que je suis assez maniaque sur les fautes d'orthographe. et pour ce qui est de "en forme les papattes", je le suis toujours si elles ne sont pas cassées.

Bon, apparemment, ça ne suscite pas tant que cela l'intérêt ce topic, ce n'est pas plus mal...
N'hésitez pas à corriger mes fautes de chinois. 请你们帮忙改正我中文的错误.

http://qi-fen.blogspot.com

TOP

Ne t'attends pas à des réponses instantanées quand même, je suis sûr qu'il y'a beaucoup de personnes dans ce cas là, ils réagiront sûrement et parleront de leur expérience...
La connaissance est partout, baissez vous et ramassez...

TOP

Répondre au message de #11 madmantis

Je ne m'attends pas à des réponses instantannées... lol mais bon...il y a trop de personnes qui lisent et qui ne laissent pas un petit mot sur ce forum je trouve...c'est dommage, mais bon, ce n'est que mon opinion...

[ Last edited by  Qifen at 18-9-2006 19:25 ]
N'hésitez pas à corriger mes fautes de chinois. 请你们帮忙改正我中文的错误.

http://qi-fen.blogspot.com
Bon travail Ecoeurée, et digne de représenter l'ile de la Reunion, où on a vécu notre enfance

TOP

Répondre au message de #13 NoelCH

Merci noelCH !! Ca me fait plaisir.
N'hésitez pas à corriger mes fautes de chinois. 请你们帮忙改正我中文的错误.

http://qi-fen.blogspot.com

TOP

De rien
moi je ne suis pas né à la Réunion donc tu es faite pour etre Miss Franco Chinoise de l'ile de la Reunion
hihihi

TOP

Citer:
Originally posted by NoelCH at 16-9-2006 11:56
De rien
moi je ne suis pas né à la Réunion donc tu es faite pour etre Miss Franco Chinoise de l'ile de la Reunion
hihihi
C'est quoi ce délire? je préfère laisser aux autres chinoises de l'île le privilège d'être une potiche! mdr Aucune élection ne m'intéresse réellement, si ce n'est celle d'être élue princesse par un prince...mais bon, ça c'est une autre histoire.
Et je le sais que tu n'es pas né à la Réunion (mais tu y as vécu toute ta vie quasiment).

PS : bon, on arrête de polluer mon topic? lol pour une fois que je créé un topic, j'aimerais qu'on ne le pollue pas, merci. (Remarque, c'est toi le modo de ce coin, alors si jamais je veux que certains messages soient supprimés, je peux toujours faire pression, n'est-ce pas? mdr Grosses bises noel!!)

[ Last edited by  écoeurée at 16-9-2006 12:22 ]
N'hésitez pas à corriger mes fautes de chinois. 请你们帮忙改正我中文的错误.

http://qi-fen.blogspot.com

TOP

quoi j'ai pollué
ah bon

TOP

C'est bien que tu aies fait la paix avec ton identité. Des amis (d'origine marocaine, italienne...) m'ont décrit les mêmes sentiments.
Moi qui n'ai que des origines françaises de connues (mes grands parents et mes arrières grands parents étaient tous français, ce qui est rare de nos jours), j'ai toujours une attirance pour les pays étrangers et les cultures différentes de la mienne. C'est marrant.
Je ne m'inquiète pas, je suis sûre que tu te donneras les moyens de parcourir la Chine en long en large et en travers.

TOP

Citer:
Originally posted by Bambù at 16-9-2006 15:39
C'est bien que tu aies fait la paix avec ton identité. Des amis (d'origine marocaine, italienne...) m'ont décrit les mêmes sentiments.
Moi qui n'ai que des origines françaises de connues (mes  ...
C'est gentille ma Bambù!! Merci. T'es un ange! C'est en partie pour ça que j'aurais trop aimé faire ton métier...on doit pouvoir mater de beaux mecs en + j'imagine... lol et tes collègues, qu'est-ce qu'ils peuvent être sexy j'imagine!! (oulala...écoeurée s'emballe et embarque pour des voyages dont elle n'ose même pas imaginer les destinations...lol)