Les récits terribles des rescapés du drame
La population de Londres sous le choc: «On ne se sent plus en sécurité nulle part»
LONDRES 16 h 30, London Wall Street. Tout le monde est dans les rues. Londres ressemble à une fourmilière indisciplinée. Quelques heures auparavant, une explosion a eu lieu dans le métro près de Liverpool Street. Les accès à cette rue sont depuis complètement bloqués. Les magasins des alentours sont tous fermés. Les ruelles parallèles à Liverpool Street sont inaccessibles. «Elles sont trop près du lieu de l'explosion», explique un policier.
Aucun véhicule
Londres est paralysé. Pas de métro, quasiment pas de bus. Des centaines de travailleurs descendent London Wall Street à la recherche d'un taxi. Mais en vain. Il n'y a quasiment plus aucun véhicule qui roule dans le périmètre de la station de métro touchée. « Je suis ennuyé, dit John. Je n'ai pas peur. Je me demande juste pourquoi c'est arrivé à Londres. On doit faire partie de la liste des pays cibles pour les attentats.»
John n'est pas le seul à attendre assis sur les marches que la foule se disperse. Mais tout le monde n'est pas aussi pragmatique que lui. Angela, les larmes aux yeux, exprime sa peur. «Je suis triste. J'ai l'impression qu'on ne se sent plus en sécurité nulle part. C'est un acte terroriste, peut-être en rapport avec les Jeux Olympiques.»
Quel contraste d'ailleurs dans les rues entre les grandes affiches à l'effigie des JO de 2012 et l'inquiétude qui se lit sur le visage des Londoniens. Matthew, lui, est inquiet. Il travaille à 10 minutes de Liverpool Street Station. «Il y a eu des morts. On se dit que ça pourrait être nous ou un de nos amis.»
Et comme la plupart des hommes d'affaire du quartier, Matthew se demande comment il va rentrer chez lui. «D'habitude, je prends les transports en commun. Je ne sais pas ce que je vais faire.»
Certains sont même effrayés à l'idée de reprendre le métro. Stuart, lui, prendra sa voiture ce matin pour aller travailler. «Et je le ferai encore pendant plusieurs jours.»
Ce jeudi, il a vu de près la panique envahir le quartier d'affaires de Londres. «J'ai vu les gens sortir du métro en hurlant. Il y avait de la fumée, des blessés, des hélicoptères et des ambulances.»
Stuart ne croit toujours pas ce qu'il a vu. Kim non plus. Elle l'a échappé belle. Au moment de l'explosion du métro, près de Liverpopol Street, elle se trouvait à la station suivante. «C'est horrible. Il n'y a pas d'autres mots. Aujourd'hui, j'ai peur. Comment reprendre le train demain à nouveau?» s'inquiète-t-elle.
Et chacun d'envisager hier soir de rentrer chez lui par le moyen le plus sûret le plus accessible à tous: la marche à pied.